Ce texte présente quelques observations et réflexions, faites sur l'ensemble du domaine sonore en
tant que matériau sensible, influant l'intention musicale et liant le geste instrumental à la recherche
de son fondement. Ces mots ont l'ambition de signifier des trajectoires et des mécanismes empruntés
par des processus entreprenant la fabrication du sonore.
Au jour où la musique dite électronique se consume essentiellement sous des appellations
technophiles, contenant son flux et ses instincts par des automations devenus les symboles d'un
langage à la mode;
à l'heure où les gadgets et les ersatz d'une société technique ont banalisé nos
quotidiens sonores et nous sont offerts comme les fruits de l'intelligence universelle; nos villes
génèrent des rumeurs sonores. Ce bruit de fond parasite et nivelle l'écoute de nos environnements
en gommant les micros événements de nos vies. Il aplatit toutes perspectives d'une identité sonore.
Ce sont autant de signe et d'information, qui par leurs absences de discernements, conditionnent
nos comportements et anesthésient notre acuité.
Les musiques modernes et populaires s'accommodent cependant parfaitement à cette idée de compression de nos perceptions.
Elles sont le reflet en transparence, d'un amour pour les conventions. Ainsi, l'épaisseur des basses,
et la constance des volumes des musiques actuels ne souffrent pas du format mp3, mais elles s'en
gargarisent copieusement.... Cependant, l'écoute du son d'un pas dans une rue, renseigne autant
sur la distance du marcheur, que sur la nature du sol, l'architecture des lieux, la météo, mais peu
aussi donner des informations concernant la personne, son sexe, sa taille, sa personnalité...